jeudi 15 septembre 2011

La perle de John Steinbeck

En 1947, John Steinbeck publie un court récit, intitulé La Perle, dans lequel il met en scène une famille d'indiens, Kino, Juana et leur bébé Coyotito, vivant dans un village de pauvres pêcheurs sur la côte de la Californie. Un jour, Coyotito se fait piquer par un scorpion, mais le médecin (blanc) refuse de le soigner car Kino n'a pas d'argent. C'est en pêchant des huitres que Kino découvre, la Perle du Monde, une magnifique perle de la taille d'un œuf de mouette. Kino croit alors pouvoir changer sa vie et envoyer son fils à l'école. Mais la perle réveille bien des convoitises et la petite vie tranquille de la famille semble compromise...

C'est une belle fable que Steinbeck  a écrit, comme un conte inspiré des traditions orales mexicaines. Steinbeck décrit à merveille le bonheur et la tranquillité de cette famille d'indiens dans la pauvreté, bonheur qui va être chamboulé par la découverte de la perle, symbole de richesse et d'ascension sociale. Autour de Kino et Juana, gravitent des personnages méprisables et jaloux (le médecin blanc, les acheteurs de perles) dans une société corrompue, pourrie, où seuls les habitants du pauvre village restent nobles. L'auteur fait référence à la répression des Indiens, l'injustice qu'ils ont subi à travers les siècles. Kino tente de lutter contre cette fatalité et repose tout son espoir dans l'éducation de son fils: "Mon fils ira à l'école. [...] Mon fils saura lire dans les livres. Mon fils saura tracer les chiffres et tout cela nous rendra libres, car il aura la connaissance des choses et à travers lui nous l'aurons aussi."

J'ai aimé la poésie du texte de Steinbeck quand il évoque les chants des indiens que Kino entend  dans sa tête et dans son cœur et qui créent une atmosphère particulière : le chant de la famille auprès de Juana et Coyotito, le chant de la perle, le chant des ennemis, le chant du Mal... "Les ancêtres de Kino avaient chanté tout ce qui existe et tout ce qui arrivera jamais. Ils avaient tout mis en chansons. Ils avaient fait des chants pour les poissons, pour la mer en furie et pour la mer paisible, pour le jour et pour la nuit, pour le soleil et la lune - et tous ces chants demeuraient dans le cœur de Kino et des siens - tous les chants qui furent jamais inventés, et même ceux depuis longtemps oubliés."

La fable est évidemment morale : le bonheur n'est pas dans la richesse, mais dans la famille. La magnifique perle du début devient maudite et son chant dissonant. Sous des allures trompeuses, elle n'apporte que malheur et chagrin.

Bref, un livre à lire par les jeunes et les plus vieux d'entre nous, pour la critique sociale et la verve de John Steinbeck !

Un dernier extrait : 

"Dans la ville, on raconte l'histoire d'une grosse perle - comment elle fut trouvée, puis perdue à nouveau ; l'histoire de Kino, le pêcheur, de sa femme Juana et de leur bébé Coyotito. Et comme l'histoire a été si souvent racontée, elle est enracinée dans la mémoire de tous. Mais, tels les vieux contes qui demeurent dans le cœur des hommes, on n'y trouve plus que le bon et le mauvais, le noir et le blanc, la grâce et le maléfice - sans aucune nuance intermédiaire. Si cette histoire est une parabole, peut-être chacun en tirera-t-il sa propre morale et y découvrira-t-il le sens de sa propre vie. Quoi qu'il en soit, on raconte dans la ville que.."

2 commentaires:

  1. j'ai adoré lire ce livre en 4ème

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  2. très bon livre mais je n'arrive pas a trouver le style et le ton de cet ouvrage!

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