mardi 6 décembre 2011

Et rester vivant de Jean-Philippe Blondel

A l'âge de 18 ans, Jean-Philippe Blondel perd sa mère et son frère dans un accident de voiture. Quatre ans plus tard, son père décède également dans un accident de voiture. Il décide alors de partir aux États-Unis, accompagné de deux amis, et de parcourir la Californie au volant d'une Thunderbird, pour se rendre finalement à Morro Bay, porté par la musique de Lloyd Cole and the Commotions et leur chanson Rich.

Vingt-cinq années plus tard, Jean-Philippe Blondel revient sur ces événements tragiques qui l'ont vu en l'espace de quatre ans, perdre sa famille et devenir orphelin. Sans doute le temps lui a été nécessaire pour pouvoir raconter cette histoire, et ce, sans s'apitoyer sur son sort. Car Jean-Philippe propose avant tout une belle histoire d'amitié autour d'un complexe triangle amoureux : Laure, sa petite-amie, avait choisi de le quitter pour Samuel, son meilleur ami, juste avant l'accident de son père. Mais, l'amitié l'emporte sur le reste, et c'est un trio aux relations certes compliquées mais très fortes, qui parcourent la Californie en voiture.

Et rester vivant, c'est donc aussi une sorte de road-trip américain, fait de diverses rencontres qui ont aidé le jeune homme à se remettre "sur la bonne route"... J'ai aimé ces personnages "secondaires", ces Américains aux paroles si justes qui ont su touché le narrateur au plus profond de son désespoir.

Avec ce roman autobiographique, Jean-Philippe Blondel livre un bel hommage à ses fidèles amis et à ces âmes rencontrées au bord des routes de Californie, qui l'ont accompagné dans les moments les plus sombres et l'ont aidé à rester vivant.

C'est le premier roman de Blondel que je lis et j'ai apprécié son écriture très forte. Chaque phrase est percutante et Blondel réussit très bien à plonger le lecteur dans ses pensées. Est-ce dû au caractère autobiographique du récit ? J'ai bien envie d'aller vérifier en piochant dans un des nombreux romans de Blondel...


Un extrait :

J'ai fermé les yeux et, pendant quelques secondes, j'ai eu vingt-deux ans, des cheveux dans le cou, deux dizaines de kilos en moins, une boucle d'oreille dans le lobe gauche. J'étais assis au bord de la route qui surplombe Morro Bay, Californie. Ce qui comptait, c'était l'ici et le maintenant. L'été. L'été 1986.


D'autres billets sur Et rester vivant ont été écrits chez : Delphine, Asphodèle, George, Clara, A propos de livres et bien d'autres....

Chez Hérisson




2 commentaires:

  1. J'ai très envie de lire Blondel, auteur que je n'ai encore jamais lu...ce roman me tente bien.

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  2. Nadael, je peux te le prêter si ça te dit ?

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