mercredi 9 novembre 2011

J'ai lu... de Stefan Zweig

Né en 1881 à Vienne, Stefan Zweig est l'auteur de nombreux romans et nouvelles dont certains très connues : Le Joueur d'échecs et Vingt-quatre heures de la vie d'une femme.

Le Joueur d'échecs : Alors qu'il quitte voyage vers l'Argentine, le narrateur apprend que se trouve à bord du bateau le champion mondial d'échecs, Mirko Czentovic. Amateur de psychologie, il souhaite observer et comprendre Czentovic qui, bien que champion d'échecs, a une réputation d'homme lent et peu intelligent. S'ensuit alors une partie d'échecs commune contre Czentovic dans laquelle un certain "M. B..." va réussir à faire partie nulle ! Et surprise, ce dernier avoue ne pas avoir touché un échiquier depuis une vingtaine d'années...

Dans cette nouvelle, Zweig imbrique plusieurs récits :
- celui de l'enfance de Czentovic et comment il est devenu champion du monde d'échecs
- celui de M. B... et comment il est devenu un expert capable de battre un champion 
- et enfin, le récit de leur rencontre sur le bateau. 
On a donc un effet de surprise car l'on ne s'attend pas au long récit de M.B.... et c'est pourtant le centre de la nouvelle.

Ce récit va d'ailleurs permettre d'aborder le thème de la répression et des tortures (psychologiques) nazies. En effet, avocat en Autriche, M. B... a été arrêté et emprisonné dans une chambre d'hôtel, sans contact extérieur, seul et sans aucune distraction. Interrogé à plusieurs reprises par les nazis, il perd peu à peu le contrôle de son esprit jusqu'à ce qu'un petit livre sur les plus grandes parties d'échec parvienne à le sauver...

J'ai bien aimé cette nouvelle plaisante à lire, surprenante et extrêmement bien construite.


Vingt-quatre heures de la vie d'une femme : Dans une petite pension situé sur la Riviera, un scandale éclate : Mme Henriette, épouse d'un des pensionnaires, est brutalement partie avec un jeune homme qu'elle ne connaît que depuis quelques jours. Alors que tous la condamnent, le narrateur cherche à la défendre. C'est alors qu'une vieille dame anglaise, pensionnaire également, va se confier à lui...

Encore une fois, on a deux récits imbriqués : Zweig commence par évoquer le scandale de Mme Henriette, puis la vieille dame fait le long récit de sa rencontre avec un jeune homme, accro au jeu, qui a bouleversé sa vie l'espace d'une longue et fatale journée. Mais cette fois-ci, après le récit de la vieille dame, Stefan Zweig  joue avec le lecteur et ne revient pas sur l'histoire de Mme Henriette ! On a très peu de détails et on n'apprend jamais pourquoi elle a quitté son mari pour ce jeune homme. Bref, une petite déception car, alléchée par le début, je m'attendais à lire les vingt-quatre heures de la vie de Mme Henriette.

Ceci dit, le récit de la vieille dame anglaise se suffit à lui-même : Zweig y décrit avec beaucoup de talent l'addiction du jeune homme et la (longue) description qu'il fait de ses mains quand il joue à la roulette est étonnante, voire angoissante. Ses mains ont leur vie propre et reflète toutes les émotions du joueur. A la limite du fantastique, ce passage m'a d'ailleurs fait penser aux nouvelles de Maupassant.

Bref, une bonne nouvelle à lire pour son côté fantastique et pour la description de la vie d'une femme bouleversée par une rencontre et une journée.


6 commentaires:

  1. J'aime beaucoup Zweig, merci de me rafraîchir la mémoire car j'ai lu ces deux livres quand j'étais encore lycéenne et j'avais oublié quelques détails...
    Je te conseille également La confusion des sentiments, et un petit bijou que j'ai lu récemment: Le voyage dans le passé.

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  2. Merci Violette ! J'ai vu que pour Noël, ils sortaient des coffrets "Stefan Zweig", je vais regarder ça de plus près...

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  3. J'ai lu vingt-quatre heures dans la vie d'une femme il y a bien longtemps...tu me donnes envie de découvrir davantage Zweig...

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  4. je ne m'en souviens plus, je dois avoir Confusion des sentiments dans ma PAL... Il faut que je m'y remette un jour !

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  5. Bonne lecture Asphodèle.. si tu retrouves ton livre :p

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  6. @ Nadael : j'espère que tu découvriras Zweig davantage. Je n'ai lu que ces deux nouvelles, alors moi aussi, il faut que je lise d'autres textes !

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