jeudi 20 mars 2014

Ballade d'un amour inachevé de Louis-Philippe Dalembert

Azaka est un "extracom", un étranger venu s'installer il y a déjà plusieurs années dans un petit village des Abruzzes en Italie. Il y a rencontré Mariagrazia avec laquelle il s'est marié et qui attend aujourd'hui un bébé. Ce couple mixte, qui a longtemps fait jaser, s'est peu à peu fait accepter - ou presque - par la famille de Mariagrazia et la communauté du village. Lorsqu'un terrible séisme vient détruire leur vie, Azaka voit remonter en lui des souvenirs d'enfance, celui d'un autre tremblement de terre, dans son pays natal, qui lui avait déjà pris des êtres chers.

Louis-Philippe Dalembert évoque le séisme de L'Aquila qui a eu lieu en avril 2009, sur lequel il superpose une belle histoire d'amour, celle d'un couple mixte qui s'aime en dépit des traditions familiales et des jugements que l'on pose sur eux. En effet, Azaka aime passionnément Mariagrazia, une femme indépendante, qui a toujours voulu s'émanciper du carcan familial, mais aussi une femme têtue et qui démarre au quart de tour. Leur histoire est touchante, bien que parfois convenue. Mais la mixité est peut-être aussi un prétexte à l'évocation d'un pays en crise, où les tensions raciales et les extrémismes se développent et où les problèmes sociaux sont souvent rejetés sur le dos des immigrés. Surtout dans un petit village, où les traditions et la religion occupent une place importante. Mais Azaka s'adapte à cette mentalité, jusqu'à être accepté au sein de la communauté.

Dès le début, et je dirai même dès le titre, on comprend que la fin est tragique. L'histoire est racontée avec des allers-retours entre le moment présent peu de temps après le séisme, et le passé, celui d'Azaka enfant, celui de l'histoire d'Azaka et Mariagrazia et enfin celui du séisme lui-même. L'auteur réussit à maintenir l'intérêt du lecteur pour une histoire dont on connait la fin, même si on espère se tromper. Les descriptions des deux séismes parviennent à faire ressentir la tension des personnages, et la fin, terrible, est un coup de poing dans le ventre du lecteur.

Une très belle découverte lue dans le cadre du Prix Océans.

vendredi 14 mars 2014

Le swap littéraire "De ma plume à vos oreilles"

Il y a quelque temps, Criteïne du blog De ma plume à vos oreilles, a décidé d'organiser un swap littéraire, et j'y ai participé avec grand plaisir. Un swap, c'est un échange de colis entre deux personnes qui ne se connaissent pas (généralement), l'occasion de faire connaissance en se faisant des cadeaux. Alors forcément, moi je dis oui tout de suite !

Les critères du swap étaient très simples :
- 1 livre du correspondant aux goûts du binôme
- 1 livre que l'on a envie de conseiller à notre binôme
- 1 surprise

Le tout ne devant pas excéder 30 euros.

Le tirage au sort effectué, j'ai découvert ma binôme, Dingotte, qui n'a pas de blog mais un compte twitter sur lequel elle partage régulièrement ses coups de cœur littéraires et twette sur le monde des bibliothèques.

Ce billet est l'occasion de remercier Critéïne pour l'organisation du swap et de publier les photos des deux colis envoyés/reçus par Dingotte et moi.

Le colis reçu par Dingotte :



Le petit mot de Dingotte :

Que d'émotion pour ma participation à ce 1er swap, mais quelle belle surprise quand j'ai reçu ce colis avec 2 livres à découvrir : Ouragan de Laurent Gaudé + Que font les rennes après Noël d'Olivia Rosenthal + un joli carnet, de l'encens, du chocolat, un joli marque page et une petite carte rose avec une citation d' Oscar Wilde.
Alors un grand merci a @dmpavo d'avoir accepté ma participation à ce swap même si je ne n'ai pas de blog,  et pour l'organisation bien sûr.
Merci aussi a ma binôme d'accepter de publier ce petit mot.
J'en profite pour faire une spéciale dédicace à toutes les blogueuses de ci, de là qui prennent le temps d'animer la blogosphère et les réseaux sociaux. Je me régale à vous lire et je ne suis pas la seule.....
@dingotte


Le super colis que j'ai reçu de la part de Dingotte :
Mais que se cache-t-il derrière toutes ces plumes ?

Waou tout ça !!

Alors en détails ça donne :

- Côté livres : G229 de Jean-Philippe Blondel, un de ses auteurs préférés, et Le cœur régulier d'Olivier Adam parce que ça se passe au Japon ! Très, très bon choix ! Parce que j'avais beaucoup aimé Et rester vivant de Blondel, et j'aime aussi Olivier Adam et je suis très contente que le roman se passe dans ce pays qui me fait rêver.

- Côté gourmandises : des chocolats aux pétales cristallisés de violettes et de roses (un régal qui n'a pas duré bien longtemps) et du café du Brésil ! 

- Côté surprises : j'ai été très gâtée aussi ! Avec des marques-pages magnétiques très jolis, une lime à ongles super rigolote en forme de tête de mort décorée qui est allée directement dans mon sac (au moins celle-là je ne la chercherai pas tout au fond du sac) et des gants rouges, ma couleur préférée, et on peut utiliser son smartphone avec (j'en cherchais en plus !!).

Le tout était emballé dans du joli papier de soie et accompagné de plein de plumes qui ont fait la joie de ma chatte Myrtille ! Et bien sûr, une très belle carte avec un gentil mot de Dingotte.

Alors un grand grand merci à Dingotte pour ce superbe colis qui m'a vraiment faite plaisir et qui me correspond tout à fait, bravo !
Et bien sûr merci à Critéïne pour l'organisation du swap !


mercredi 5 mars 2014

Impossible de grandir / Fatou Diome

Salie, originaire de la petite ville de Niodor au Sénégal, vit aujourd’hui  à Strasbourg. Lorsque son amie Marie-Odile l’invite à fêter un anniversaire chez elle en famille, Salie panique. En effet, « papa, maman, la famille », elle ne connaît pas. Elle est une enfant « illégitime » et toute son enfance, elle a été rejetée, brimée et maltraitée par une famille qui ne l’acceptait pas. Seuls ses grands-parents l’ont recueillie, aimée et choyée, et l’ont aidée à devenir la femme indépendante et écrivain qu’elle l’est aujourd’hui. Mais, l’approche du dîner en famille la tétanise et ses vieux démons, ses souvenirs reviennent la hanter, en la personne de « la Petite », avec qui elle engage un long combat. 

Avec ce roman, Fatou Diome évoque des thèmes forts : le rôle des femmes dans les traditions ancestrales du Sénégal, la nouvelle religion qui vient marcher sur les plates-bandes des anciennes religions, l’intolérance, la violence faite aux enfants, l’intégration, la question des enfants nés hors mariage…  À travers les souvenirs de son personnage, c’est tout un pan de la société sénégalaise que nous explorons. Ce sont d’ailleurs les épisodes de l’enfance de Salie que j’ai le plus appréciés dans ce roman : la plume de Fatou Diome est belle, poétique et elle parvient parfaitement à rendre compte des émotions, des sentiments d’un enfant. Le message délivré par le roman est puissant : s’accepter soi-même, accepter son passé et grandir. 

Grandir, devenir adulte, considéra la Petite, c'est ne plus courir à la recherche d'un bosquet où se tapir. Devenir adulte, c'est, au lieu de s'enfuir en permanence, oser se retourner et, enfin, faire face au loup.
J'étais absolument d'accord avec elle et j'allais enfin tout affronter, les loups, mais aussi cette naissance qu'on me reproche, alors que je n'y suis pour rien. Allons-y !

Malheureusement, Fatou Diome entrecoupe son texte de longs passages proches d’une psychanalyse, ou à teneur philosophique, qui m’ont quelque fois fait perdre le fil de la narration. Les 400 pages se concentrent sur quasiment une seule journée, dans laquelle Salie engage un dialogue avec « la Petite », entre dispute et réconciliation. C’est un roman très introspectif et l’auteur semble parfois oublier son lecteur. Ce roman m’a semblé souffrir de quelques longueurs, et aurait mérité d’être allégé. Malgré tout, ce roman est une belle découverte de la plume de Fatou Diome et m’a donné envie de lire son premier roman, Le ventre de l’Atlantique.

Lu dans le cadre du Prix Océans.