vendredi 1 août 2014

Réparer les vivants de Maylis de Kerangal


Simon Limbres est un jeune adolescent, fougueux et plein de vie. Au retour d'une belle session de surf au petit matin, il est gravement blessé dans un accident de voiture. A l'hôpital, il est rapidement déclaré en état de mort cérébrale. De la douleur des parents de Simon à la patiente qui attend un cœur, en passant par les nombreux médecins et infirmiers qui jalonnent le roman, Maylis de Kerangal nous fait vivre le roman d'une transplantation cardiaque.

Maylis de Kerangal a une belle et puissante écriture, faite de longues phrases qui nous laissent à bout de souffle. Cette écriture se prête à merveille au sujet de son roman, un sujet fort, difficile. Ici la quasi totalité de l'intrigue se déroule dans des hôpitaux aseptisés, dans lesquels vont se croiser plusieurs personnages : les parents de Simon, le personnel médical qui s'occupe de lui, les docteurs venus prélever les organes, la patiente en attente d'un cœur. Du début à la fin, nous suivons le cœur de Simon et le roman semble rythmé par ses battements. Chaque personnage joue son rôle et est traité de façon égale : la douleur des parents de Simon ne l'emporte pas sur les pans de vie des docteurs et infirmiers que Maylis de Kerangal nous donne à voir. L'auteur réussit à traiter son sujet sans tomber dans le pathos ou le sentimentalisme et c'est appréciable. En plus, de nous donner à lire le récit précis d'une transplantation cardiaque, de l'accord des proches à l'acte chirurgical lui-même, c'est toute une galerie de personnages bien vivants et attachants, avec leurs doutes, leurs espoirs, leurs joies, qui peuplent ce roman et font de lui un chef-d’œuvre d'humanité.

Ce roman qui aborde la question douloureuse de la mort d'un jeune adolescent et du don d'organes mérite absolument les nombreux prix littéraires qui l'ont récompensé.

6 commentaires:

  1. Tu n'es donc pas déçue par ce livre dont tout le monde parle. Maylis de Kerangal peut vraiment aborder les sujets les plus délicats et les plus inattendus avec grâce.

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    1. C'est vrai, son écriture a beaucoup de grâce et de puissance. Je l'avais déjà remarqué dans Tangente vers l'est et Corniche Kennedy.

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  2. Tu en fais une très belle chronique, qui me donne d'autant plus envie de découvrir ce roman !

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    1. Merci Polina ! Je te laisse une très belle lecture comme pour moi !

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  3. Celui là me fait de l’œil depuis un moment et ta chronique confirme !
    Il faut que je me l'achète vite, vite... xd

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