Affichage des articles dont le libellé est challenge Françoise Sagan. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est challenge Françoise Sagan. Afficher tous les articles

jeudi 27 octobre 2011

Avec mon meilleur souvenir de Françoise Sagan

En 1984, Françoise Sagan publie Avec mon meilleur souvenir, composé de dix textes sur des rencontres et souvenirs marquants de sa vie. 

Billie Holiday, Tennesse Williams, Orson Welles, Rudolf Noureev, Jean-Paul Sartre, voilà des noms connus que Sagan a pu rencontrer au cours de sa vie et dont elle fait ici un portrait édifiant, un hommage à ces personnalités qu'elle a admirées et aimées. Elle a su saisir dans ces textes leur caractère profondément humain, au-delà de leur talent évident. Mais en lisant ces récits de rencontre, on en apprend également sur Françoise Sagan elle-même, sur sa vie et sur sa remarquable humilité, sa capacité à aimer les gens  pour ce qu'ils sont et à les admirer en toute modestie.

Dans d'autres textes, c'est avec beaucoup d'humour et d'autodérision que Sagan fait l'éloge des fâcheuses tendances qu'on lui a souvent reprochées : le jeu, la vitesse et la vie de nuit (à Saint-Tropez). Elle se plaît ici à raconter ses anecdotes de parties dangereuses au casino, à partager ses émotions quand elle est lancée à pleine vitesse sur une route de campagne et à revenir avec nostalgie sur ce qu'était Saint-Tropez avant et ce que la ville est devenue.

Sagan évoque également son histoire avec le théâtre, son travail avec les acteurs, ses réussites et ses échecs. Elle admet avec sincérité être un piètre metteur-en-scène et nous offre des anecdotes toutes plus drôles les unes que les autres.

Enfin, dans un dernier chapitre, Françoise Sagan présente les lectures marquantes de son adolescence et ensuite de sa vie et écrit alors, à propos des Illuminations de Rimbaud, ce bel hommage à la littérature  : "Quelqu'un avait écrit cela, quelqu'un avait eu le génie, le bonheur d'écrire cela, cela qui était la beauté sur la terre, qui était la preuve par neuf, la démonstration finale de ce que je soupçonnais depuis mon premier livre illustré, à savoir que la littérature était tout. Qu'elle était tout en soi, et que même si quelque aveugle, égaré dans les affaires ou les autres beaux-arts, l'ignorait encore, moi du moins, à présent, je le savais. Elle était tout : la plus, la pire, la fatale, et il n'y avait rien d'autre à faire, une fois qu'on le savait, rien d'autre que de se colleter avec elle et avec les mots, ses esclaves et nos maîtres. Il fallait courir avec elle, se hisser vers elle et cela à n'importe quelle hauteur : et cela, même après avoir lu ce que je venais de lire, que je ne pourrais jamais écrire mais qui m'obligeait, de par sa beauté même, à courir dans le même sens.".

J'ai lu Avec mon meilleur souvenir avec beaucoup de plaisir, et je le conseille à tous ceux qui veulent découvrir une Françoise Sagan attachante, humble et drôle, passionnée et aimante, et dont l'écriture est toujours à mes yeux simplement belle.

Challenge Françoise Sagan organisé
par Delphine's books et les Livres de George !

jeudi 1 septembre 2011

Un peu de soleil dans l'eau froide de Françoise Sagan

Gilles a tout pour être heureux. Journaliste à Paris, il a trente-cinq ans, il est beau, sa maitresse est une jeune mannequin et il passe ses soirées à faire la fête avec ses amis. Pourtant, il est en pleine dépression et refuse de le reconnaître. Jusqu'au jour où il "pète les plombs" et part se ressourcer loin de  la vie trépidante à Paris, chez sa sœur dans le Limousin. Il y rencontre la très séduisante Nathalie Silvener qui, bien que mariée, va tomber folle amoureuse de lui, jusqu'à remettre en cause sa propre vie...

Au début du roman, je n'ai pas du tout accroché avec le personnage de Gilles, trop fier, qui refuse d'admettre sa dépression, et qui en devient méchant avec ses amis, sa maitresse, sa sœur. Puis vient Nathalie, cette femme absolue, qui se jette à corps perdu dans cet amour, au point d'abandonner son mari et sa vie tranquille en province. Cette vision de l'amour, un peu trop romanesque à mon goût, ne m'a pas emballée et peu convaincue : "Quant à Nathalie Silvener, elle l'aima dès qu'elle le vit."

On se laisse facilement envahir par la "petite musique" de Sagan, qui là encore propose un beau portrait de femme, qui mérite bien plus que le pauvre Gilles. Nathalie est trop entière, trop parfaite, à tel point qu'elle en est presque irréelle. Peut-être aussi parce qu'on suit l'histoire du point de vue de Gilles, et non de Nathalie, dont on sait finalement peu de choses, tant Gilles se complait à occuper le devant de la "scène". Au final, je n'ai pas été tout à fait convaincue par ce roman, qui se lit sans passion, sauf à la fin, mais trop tard.

Extraits :

Elle lui sourit et il resta, figé, une minute devant ce sourire. C'était maintenant, tout de suite, qu'il devait arrêter les choses, s'il le fallait. Et il le fallait : il était incapable d'aimer qui que ce soit dans la simple mesure où il était incapable de s'aimer lui-même. Il ne pourrait que la faire souffrir. Il lui aurait suffi d'une plaisanterie un peu grossière sans doute, de quelque chose qui la poussât à la mépriser. Mais déjà celui lui répugnait et le sourire appuyé, sincère et plein de promesses qu'elle lui adressait lui faisait peur.

Il alluma une cigarette, se mit à rire et, tout à coup, se fit horreur. Pour qui se prenait-il ? Quel était ce rôle de Parisien blasé en vacances, cynique et désinvolte ? Où avait-il trouvé cette image d'Epinal du séducteur ? Il s'appuya à un arbre, une seconde. Ah, il fallait qu'il parte, qu'il disparaisse, qu'il laisse cette femme à sa vie. Elle était trop bien pour lui, trop entière pour le malheureux dégénéré, comédien et tricheur qu'il était devenu.

Lu dans le cadre du challenge Françoise Sagan proposé par George et Delphine et du challenge Un mot, des titres (session "Soleil") de Aperto libro.


Allez lire le super avis de Moka du blog Au milieu des livres...

lundi 22 août 2011

Un sang d'aquarelle de Françoise Sagan

Constantin von Meck est un metteur en scène allemand qui a tout pour être heureux : il a fait une brillante carrière à Hollywood et est marié à la belle Wanda, actrice renommée. Mais après l'échec d'un film tourné au Mexique, il décide de retourner dans son pays natal en 1939, l'UFA lui demandant alors de venir travailler pour eux. Il devient alors le réalisateur chouchou de Goebbels. Trois ans plus tard, entouré de Romano, son jeune amant gitan qu'il fait passer pour son cousin éloigné, il retrouve Wanda sur le tournage de La Chartreuse de Parme, et doit faire face aux atrocités de l'Allemagne hitlérienne...

C'est en 1987 que Françoise Sagan publie Un Sang d'aquarelle, mais les événements du roman se situent dans les années 1939-1942, principalement en Allemagne et en France. Le personnage de Constantin von Meck est assurément le plus intéressant et Sagan nous fait partager ses émotions et ses pensées comme si nous étions dans sa tête et ce tout au long du roman. Constantin est un personnage ambigu et riche, contrasté, un optimiste pur et dur qui se laisse pourtant parfois aller à des moments de désespoir intense. Mis face aux crimes monstrueux de l'Allemagne nazie, il est intéressant de voir l'évolution de ce personnage : au début, il semble fermer les yeux, ne remettant pas fondamentalement en cause le gouvernement. Entouré à la fois de collaborateurs et de juifs qu'ils protègent, il n'a pas un avis tranché sur la question, comme s'il ne parvenait pas à trouver sa place en ces temps de guerre. Il apparaît d'ailleurs comme un personnage décalé dans cette Allemagne nazie, tant par son attitude, que par son physique et sa manière de s'habiller. Peu à peu, après avoir vu les atrocités nazies, il perd de sa nonchalance et de son optimisme, jusqu'au final époustouflant et inattendu.

Constantin von Meck est aussi complexe dans ses amours que dans son attitude face à l'Allemagne nazie. Il aime les femmes, et surtout Wanda, mais aussi les hommes, et surtout le beau et jeune Romano. Ce qui ne l'empêche pas de séduire les actrices de ces films. Comme la belle, mais naïve et peu intelligente, Maud, dont Sagan dresse un portrait cinglant avec beaucoup d'humour. Autre personnage féminin qui gravite autour de Constantin, Boubou Fragance apporte légèreté et comique au roman.

J'ai bien aimé ce roman de Sagan, que j'ai trouvé assez différent de ceux que j'ai déjà lus, au niveau de l'histoire, plus riche même si l'habituel triangle amoureux est présent et qui s'ancre réellement dans l'Histoire. Les personnages sont plus développés, notamment celui de Constantin von Meck qui a une véritable profondeur psychologique. Malheureusement, ils n'échappent pas tous à un certain aspect caricatural, je pense surtout à Maud qui joue le rôle de la petite blonde écervelée. Malgré quelques longueurs, et quelques invraisemblances (l'attitude de Constantin face aux officiers allemands et face à Goebbels) l'intrigue m'a tenue  en haleine d'un bout à l'autre.


Extrait : 

Assis dans son lit, la lumière allumée, Constantin tenta de se raccrocher à l'image de Constantin von Meck metteur en scène, le personnage invulnérable et gai qui était le sien, et qui, il le savait, rirait dès le lendemain matin de ces phantasmes, du précoce et frileux vieillard de cette nuit. Seulement à cette heure-là justement, le Constantin allègre et vainqueur n'existait plus ; il n'était qu'un reflet, un paravent, un mannequin de paille chargé d'écarter de lui les oiseux féroces et piaillards - aussi bien jadis les producteurs d'Hollywood qu'aujourd'hui les sbires de la Gestapo : Ce mannequin qui réussissait parfois à effrayer quelques-uns de ces dangereux prédateurs, mais, qui n'effrayait jamais l'aigle permanent et têtu qui l'écrasait et qui n'était que lui-même, Constantin, quadragénaire sans génie, sans patrie, sans attaches, à mille lieues de son public, de ses maitresses et de ses amis : un Constantin sans grâce et sans pitié, un Constantin sans courage et sans masque dont in ne pouvait se dépêtrer, un Constantin différent, en tout cas, de celui qu'il avait été toute sa vie et qu'il était encore trois ans plus tôt... (p.77-78)

mercredi 29 juin 2011

Aimez-vous Brahms... de Françoise Sagan

Dans Aimez-vous Brahms, la vie de Paule, décoratrice à l'aube de la quarantaine, tourne autour de son amant. Mais, Roger, qui aime "faire le jeune homme", n'hésite pas à la délaisser pour d'autres maitresses. Souvent Paule se retrouve seule, à attendre son coup de fil en espérant qu'il ne décommandera pas, encore et encore, un de leurs diners. Paule rencontre  alors Simon, jeune homme de vingt cinq ans, qui tombe fou amoureux d'elle et se donne pour mission de la rendre heureuse et de la combler. Paule parviendra-t-elle à oublier Roger et à refaire sa vie avec Simon, au mépris des conventions sociales ? Roger laissera-t-il partir Paule, celle qu'il aime et vers qui toujours il revient ? 

C'est avec des mots très justes que Françoise Sagan dresse le portrait d'une femme, enracinée dans la solitude et arrivée à un âge où elle se remet en question. Paule est prise dans la tourmente de ses sentiments et de son désir absolu de bonheur. Touchée par la jeunesse, la fraîcheur de Simon et l'amour inconditionné qu'il lui porte, elle ne parvient pas à oublier les valeurs sûres que représente Roger. Si elle aime les regards envieux que lui jettent les femmes quand elle est aux bras de Roger, elle craint les qu'en dira-t-on sur sa liaison avec Simon, plus jeune qu'elle. Elle aime Roger et surtout, elle a l'habitude de lui, de son amour mais aussi de ses absences. Terrifiée à l'idée de se lancer dans une nouvelle relation qui chamboulerait toute sa vie,  elle hésite, recule, se lance, revient en arrière... Elle est presque impuissante, comme prisonnière de Roger et de sa vie.

Françoise Sagan sait parfaitement évoquer les émotions et pensées d'une femme, qui pourraient être celles de n'importe quelle femme qui voit lui échapper sa jeunesse, qui se sent vieillir sans pouvoir rien y faire. C'est le portrait d'une solitude déchirante et universelle. C'est pourquoi j'ai eu une impression de déjà-vu (ou déjà-lu) avec ce texte de Sagan, comme si l'histoire de cette femme, de son hésitation entre un homme jeune et un homme mûr, avait déjà été écrite bien des fois. Un beau texte donc, mais sans surprise.

Quelques extraits : 

"Paule contemplait son visage dans la glace et en détaillait les défaites accumulées en trente-neuf ans, une par une, non point avec l'affolement, l'acrimonie coutumiers en ce cas, mais avec une tranquillité à peine attentive. Comme si la peau tiède, que ses deux doigts tendaient parfois pour souligner une ride, pour faire ressortir une ombre, eût été à quelqu'un d'autre, à une autre Paule passionnément préoccupée de sa beauté et passant difficilement du rang de jeune femme au rang de femme jeune : une femme qu'elle reconnaissait à peine. Elle s'était mise devant ce miroir pour tuer le temps et - cette idée la fit sourire - elle découvrait que c'était lui qui la tuait à petit feu, doucement, s'attaquant à une apparence qu'elle savait avoir été aimée."(p.9)

"Elle n'avait envie de rien. Et elle avait peur de rester seule deux jours. Elle haïssait ces dimanches de femme seule : les livres lus au lit, le plus tard possible, un cinéma encombré, peut-être un cocktail avec quelqu'un ou un dîner et, enfin, au retour, ce lit défait, cette impression de n'avoir pas vécu une seconde depuis le matin." (p.42)

"Les hommes sont inconscients, pensait Paule sans amertume. "J'ai tellement confiance en toi", tellement confiance en toi que je peux te tromper, te laisser seule, et qu'il n'est pas possible que le contraire arrive. C'est sublime." (p.59)

Les extraits sont tirés de l'édition Pocket. Aimez-vous Brahms... de Françoise Sagan a été publié pour la première en 1959 aux éditions Julliard.
Le roman a été adapté au cinéma par Anatole Litvak avec Ingrid Bergman (Paul), Yves Montand (Roger) et Anthony Perkins (Philip/Simon). Je ne l'ai jamais vu mais j'aimerais bien !

Lu dans le cadre du challenge Françoise Sagan organisé par Delphine et George.

mercredi 22 juin 2011

Toxique de Françoise Sagan

En 1957, Françoise Sagan, âgée de 22 ans, est victime d'un grave accident de voiture. Hospitalisée durant trois mois, on lui administre un dérivé de la morphine, le Palfium 875, pour calmer les terribles douleurs dont elle est la proie. A sa sortie d'hôpital, elle s'avère être dépendante de ce médicament, et le restera de nombreuses années après. Elle fait alors  un séjour dans une clinique spécialisée. Toxique est le journal écrit durant son séjour.

Ce journal est un texte court, très personnel, qui raconte d'abord le difficile sevrage subi par Sagan, la peur qu'elle éprouve alors de ne plus être elle-même, de ne pas arriver à s'en sortir. Elle évoque aussi l'ennui qu'elle éprouve dans cette clinique, malgré les visites de ses amis et proches. Françoise Sagan apparaît également comme terrorisée à l'idée de ne plus pouvoir, de ne plus savoir écrire. Elle remet en cause ses capacités d'écrivain. Ses doutes et son désespoir sont remarquablement illustrés par des dessins à l'encre de Chine de Bernard Buffet qui accompagnent le texte. Toxique est un récit sombre et intense qui nous fait partager l'état d'esprit d'une femme perdue et terrifiée.

Extraits : 

J'ai dû aller chercher l'infirmière en bas. Je ne suis retrouvée assise sur les marches de l'escalier; effondrée, lui répétant d'une voix que je sentais enfantine qu'il y avait plus de six heures que... En remontant avec elle, j'ai eu le sentiment de ce que pouvait être le sentiment de la déchéance. 

Me voici punie, moi qui ne crois pas aux punitions. Mes frères alcooliques, aimable tribu débonnaire des nuits de Paris, je ne pourrais plus vous suivre, de bar en bar, de voiture en voiture, ou bien à jeun. Et je crains que ça ne marche pas.

J'ai une crampe, j'ai une crampe dans la main droite qui me terrorise. [...] J'ai peur depuis 4 mois. J'ai peur et je suis lasse d'avoir peur. 



 Le journal a paru pour la première fois aux éditions Julliard en 1964. Les extraits sont issus de l'édition Livre de Poche.
Lu dans le cadre du challenge Françoise Sagan.

mercredi 18 mai 2011

[Challenge Françoise Sagan] 2 : Des bleus à l'âme

Publié en 1972, Des bleus à l'âme est un récit de Françoise Sagan qui alterne autobiographie et fiction.

Côté fiction, c'est l'histoire de Sébastien et Éléonore Van Milhem, frère et sœur suédois, la belle quarantaine, qui se retrouvent sans le sou à Paris. Ils sont aussitôt pris en charge par Robert, un ami impresario, et Nora, une riche américaine. Leur beauté et leur charme vont leur ouvrir facilement les portes des diners mondains, restaurants et boites de nuit et nous suivons leur vie oisive et insouciante à Paris.

Côté autobiographie, Françoise Sagan se livre, avec une pointe de dérision et d'ironie, en évoquant sa vie frivole et mondaine, ce "fameux petit monde saganesque où il n'y a pas de vrais problèmes" (p.52), son "monde oisif et blasé". Elle y parle aussi de son travail d'écriture et on suit, au jour le jour, parfois façon journal intime, l'écriture de l'histoire de ses Van Milhem.

Selon moi, c'est le côté autobiographique qui l'emporte, largement, sur la fiction. L'histoire des Van Milhem est sans cesse entrecoupée par les pensées de Sagan, et finalement, on apprend peu sur eux, on s'y attache beaucoup moins qu'à elle et à ses réflexions incisives sur sa vie, son œuvre et son époque "mesquine, sordide et cruelle" (p.65). Parfois légère, elle sait aussi être plus grave, quand elle évoque le suicide, la solitude, la dépression, la mort. J'ai également aimé les passages sur la réception de son œuvre, avec la présentation assez drôle des différentes catégories de lecteurs qu'elle a rencontrés.
Après avoir lu Bonjour tristesse, c'est avec plaisir que je retrouve Sagan dans un texte plus mature, et qui me pousse à en savoir plus sur elle. Je suis donc maintenant à la recherche d'une biographie, autobiographie, en livre ou film. Si vous avez des conseils, n'hésitez pas !

Quelques extraits :

"Je commence à tout mélanger, Éléonore et moi, et sa vie et la mienne, et c'est normal puisque c'est mon propos, comme le verra le fidèle lecteur s'il parvient au bout de ce texte bizarroïde." (p.112)

"Alors me direz-vous, pourquoi écrire ? D'abord pour des raisons sordides : parce que je suis une vieille cigale et que, si je n'écris pas pendant deux ou trois ans, je me fais l'effet d'une dégénérée." (p.75)

"D'ailleurs, c'est bien connu : ma signature au bas d'un manifeste fait plutôt frivole. On me l'a souvent reproché, tout en me ma demandant, d'ailleurs, cette signature, et je l'ai toujours accordée pour des raisons sérieuses. On ne m'a pas souvent prise au sérieux et c'est compréhensible. Mais il faut quand même penser qu'il m'était difficile, en 1954 (mon heure de gloire), de choisir entre les deux rôles qu'on m'offrait : l'écrivain scandaleux ou la jeune fille bourgeoise. Car enfin, je n'étais ni l'un ni l'autre." (p.64)

Les extraits sont issus de l'édition Livre de Poche Des bleus à l'âme, Françoise Sagan.
Lu dans le cadre du challenge Françoise Sagan.

samedi 7 mai 2011

[Challenge Françoise Sagan] 1 : Bonjour tristesse

Dans le cadre du challenge Françoise Sagan, j'ai commencé ma lecture par le premier roman de l'auteure, publié en 1954.

Cécile, 17 ans, passe les vacances d'été dans une villa du sud de la France. Insouciante, malgré son échec au baccalauréat, elle profite du soleil, de la chaleur et de la mer, en compagnie de son père, Raymond, âgé de quarante ans et grand amateur de femmes jeunes et belles. Elsa, demi-mondaine et récente conquête de son père les accompagne dans leur séjour. Cela fait deux ans que Cécile vit avec son père, après des années en pension, elle découvre la vie et les soirées mondaines et voit passer les nombreuses femmes séduites par son père. L'été s'annonce calme et Cécile fait la connaissance de Cyril, beau jeune homme de 26 ans. L'arrivée d'Anne va venir bouleverser leur tranquillité. Anne est une ancienne amie de la mère de Cécile, du même âge que son père, elle est belle et intelligente, bien au-dessus des distractions mondaines de Cécile et son père. Face à elle, Elsa apparaît bien pâle, et son intelligence bien moindre comparée à la distinction d'Anne. Raymond se détourne rapidement d'elle, jusqu'à annoncer son mariage avec Anne. Cécile voit dans ce mariage la fin de sa vie insouciante avec son père et le début du règne d'Anne. Elle va alors échafauder un plan pour faire disparaître Anne de leur vie...

Bonjour tristesse est un livre bref, mais intense, un de ces livres qui nous empêche de le quitter avant d'être arrivé à la fin. Dès le début, on est accroché par le style simple mais délicat, riche de Françoise Sagan.

"Sur ce sentiment inconnu dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. C'est un sentiment si complet, si égoïste que j'en ai presque honte alors que la tristesse m'a toujours paru honorable. Je ne la connaissais pas, elle, mais l'ennui, le regret, plus rarement le remords. Aujourd'hui, quelque chose se replie sur moi comme une soie, énervante et douce, et me sépare des autres."

Le personnage de Cécile entretient des sentiments ambigus vis à vis d'Anne, elle l'admire et en a peur, paraît la détester et pourtant l'aime. Elle est attachée à sa vie facile qu'elle partage avec son père. Anne intervient pour la remettre dans le droit chemin et la force à travailler la philosophie, enfermée dans sa chambre en plein été, et juge incorrecte sa relation avec Cyril, et son père s'écrase devant elle ! Sa rancœur la pousse alors à mettre au point un plan diabolique, dont elle entrevoit les conséquences éventuellement néfastes, et pourtant elle ira jusqu'au bout. Car à maintes reprises, elle aurait pu stopper cette machination, et moi lectrice, j'ai envie de lui crier "Mais pourquoi n'arrêtes-tu pas tout là, avant qu'il ne soit trop tard ?".

Bonjour tristesse, c'est aussi la découverte du désir, la première expérience sexuelle, le passage à l'âge adulte d'une jeune fille de 17 ans.

Bonjour tristesse de Françoise Sagan, aux éditions Pocket, adapté au cinéma par Otto Preminger en 1958.
Lu dans le cadre du challenge Françoise Sagan.

mercredi 4 mai 2011

[Challenge Françoise Sagan] : J'y participe !

Pour mon premier challenge, j'ai choisi Françoise Sagan, une auteure que je n'avais jamais encore lue. Ce challenge a été lancé par Delphine's books et George. 

Il y a trois niveaux : 
Mini-challenger : 1 à 2 romans et/ou bio
Moyen-Challenger : 3 à 5 romans et/ou bio
Big-Challenger : + de 5 romans et/ou bio
et j'ai choisi le niveau moyen pour commencer !

Pour l'instant, voici mes lectures prévues : Bonjour tristesse, Sang d'aquarelle (également dans le cadre d'une lecture commune à laquelle je participe), Des bleus à l'âme.

Plus d'infos et inscriptions sur les blogs des organisatrices.