mardi 12 mai 2015

[Série TV] : Wayward Pines



Wayward Pines débarque en mai 2015 sur la chaîne télévisée américaine Fox. Réalisée par Chad Hodge et M. Night Shyamalan himself, elle est tirée du roman éponyme de Blake Crouch et promet de nous embarquer dans une histoire qui recèle bien des mystères.

Ethan Burke, joué par Matt Dillon, est un agent secret qui enquête sur la disparition de deux autres agents, dans une petite ville d'Idaho, Wayward Pines. Victime d'un accident de voiture, il se réveille à l'hôpital de Wayward Pines. Ses affaires personnelles ont disparu, et l'infirmière particulièrement étrange qui s'occupe de lui élude ses questions de plus en plus pressantes. Sans téléphone portable, impossible de joindre son travail et sa femme qui s'inquiète de sa disparition. Ethan Burke se rend vite compte que quelque chose ne tourne pas rond avec les habitants de cette petite bourgade à première vue bien tranquille. Beverly, une barmaid jouée par Juliette Lewis, est sa première alliée à Wayward Pines et lui permet de découvrir le corps torturé et mutilé d'un des agents disparus. Ethan Burke ne peut même pas prévenir les services secrets : alors qu'il essaie de quitter la ville, il revient sans cesse à son point de départ...

Wayward Pines nous plonge dans un univers inquiétant, où les habitants prisonniers ou non, cachent tous quelque chose et où la notion de temps ne semble pas être la même qu'ailleurs... L'histoire, bien qu'un peu déjà-vue (on la compare beaucoup avec Twin Peaks), m'a semblé prometteuse et j'ai hâte de découvrir la suite qui, j'espère, tiendra la route. Dix épisodes sont d'ores-et-déjà prévus. Chapeau aussi pour le générique de cette série, j'aime beaucoup l'effet "ville de poupée".

Voici la bande-annonce et quelques photos histoire de vous donner envie :




dimanche 10 mai 2015

Trattoria Pizzeria Da Vito à Aix-en-Provence



Vous cherchez une bonne pizzeria à Aix-en-Provence ? Aujourd'hui, je vous en propose une, située en plein centre ville d'Aix. Avec des amies, nous sommes allées tester un nouveau restaurant : le Da Vito. Nous avons été ravies par l'accueil plus que convivial et par le lieu, charmant et idéal pour un repas entre amoureux dans la salle basse voutée en pierre ou pour un repas entre famille et entre amis dans la salle haute décorée avec goût.


Da Vito tire son nom de Victor Tinfena, dit Vito, qui a ouvert une pizzeria en 1946 dans le quartier de la Belle de Mai à Marseille. On trouve d'ailleurs sur les murs de la salle voûtée des photographies rendant hommage à Victor. Au Da Vito, c'est aujourd'hui son arrière petit-fils Julien qui nous régale pour les pizze, accompagné d'Andrea, un chef italien pour les plats. On peut dire qu'ils respectent les traditions familiales : les produits italiens viennent tout droit de Naples et sa région et même le four a été conçu et importé depuis Naples. Un vrai parfum d'Italie à Aix-en-Provence !

Au menu du Da Vito : antipasti, pasta, pizze et desserts maison ! On nous propose des plats copieux, gourmands et irrésistiblement italiens. J'ai pu goûter une assiette d'antipasti composée de charcuterie et fromages italiens, légumes grillés, artichauts marinés (the best !!), tomates confites, accompagnée d'un bon verre de Prosecco et de gressins cuits au four. Un régal !




Ensuite, on a enchaîné sur des pizze, et là je vous laisse découvrir la carte pour vous faire saliver rien qu'en lisant tous ces noms de produits italiens : mozzarella di bufala, parmeggiano, speck, gorgonzola... Enfin, les desserts maison, s'il vous reste encore de la place, terminent parfaitement le repas.



Nous avons passé une très belle soirée au Da Vito, et nous nous sommes régalées au sein d'un restaurant qui respecte les traditions et les produits italiens. Tout est fait pour qu'on se sente bien : l'accueil est très sympathique et s'adapte aussi aux régimes particuliers, n'hésitez donc pas à demander des assiettes et pizze végétariennes ou végétaliennes !

DAVITO Trattoria Pizzeria
Ouvert du mardi au samedi, midi et soir
8 Rue Boulegon 
13100 Aix en Provence 
09 53 65 25 86 
contact@davito.fr
Site web - Page Facebook

vendredi 8 mai 2015

Le premier qui voit la mer de Zakia et Célia Héron


Écrit sous la forme d'un journal, le récit s'ouvre en 1956 sur l'enfance idyllique de Leïla, 8 ans. Elle vit en Algérie avec ses parents, ses cinq sœurs et deux frères et avec sa merveilleuse grand-mère dans une belle et grande maison avec jardin que lui envie toutes ses amies, même les Françaises. Son père a son propre cinéma dans lequel il projette les films qu'il choisit et fréquente aussi bien des arabes que des français. Les premières pages du récit sont empreintes d'une beauté touchante lorsque Leïla parle de sa grand-mère, des histoires qu'elle raconte, de ses mains magiques capables de toute faire, des rituels familiaux. Derrière ce portrait magnifique, je n'ai pu m'empêcher de retrouver avec nostalgie un peu de ma propre grand-mère.

Mais, dès 1957, les violences de la guerre d'Algérie viennent détruire leur vie. Des gens sont tués, Majid le frère de Leïla est enlevé, enfermé et torturé, puis c'est au tour de son père d'être fait prisonnier.

"Je sais qu'il y a des morts de partout, en Algérie et en France. Tous les jours on l'entend à la radio. C'est la guerre. "C'est Eux ou Nous."
Avant dans le "Nous", il y avait mes amies françaises.
Nos différences nous amusaient. Maintenant, elle nous renvoie à nos peurs."

L'indépendance de l'Algérie proclamée, c'est une nouvelle vie qui commence pour Leïla. Avec son caractère bien trempé, Leïla souhaite participer à la construction du pays. Difficile pour elle de le faire accepter par ses parents, qui ne comprennent pas qu'une fille ait besoin de faire des études et qui aimeraient la marier. Pour Leïla, "chaque miette de liberté une conquête". En constante opposition avec son père, elle va pourtant réussir à faire ce qu'elle entend de sa vie : visiter la France, travailler avec des enfants sourds-muets, épouser l'homme qu'elle aime, vivre à Paris pour rédiger son mémoire de fin d'études. 

En 1974, Leïla et son mari retourne habiter à Alger. Commence alors une vie agréable, ils sont entourés par leurs amis et voisin, au sein d'un quartier animé. Leïla accouche de sa première fille, Maïssa. Mais, la montée de l'islam radical rend rapidement le climat irrespirable pour une femme libre et indépendante comme Leïla.

"L'"islam vrai" n'a rien à voir avec l'"islam religion d’État de la République algérienne démocratique et populaire". Cet islam-là, disent-ils, est gangrené, aménagé par la corruption des grands afin de détourner le peuple de la voie divine. Eux, veulent nous aider à retrouver "la pureté fondatrice"... de gré ou de force. Elle passe par le port du hidjab pour les bonnes musulmanes.
Nous, les femmes, les évitons comme la peste. La peur d'être vitriolée. Quand nous les côtoyons, nous anticipons une attaque, nous sommes sur nos gardes. Drôle de jeu de cache-cache, invisible et complexe... meurtrier parfois."

Retour en France pour Leïla et sa famille. Il faut à nouveau se reconstruire une vie, loin de sa famille et de son pays. Leïla accouche de sa troisième fille, Dalya, qui prend à son tour la parole dans ce journal intime à quatre mains. Dalya ne connait pas l'Algérie, sa mère en parle très peu, elle se s'interroge sur ses origines, sur ses liens avec ce pays inconnu, pressés parfois par les questions indélicates de ses amies françaises. Sont évoqués ici les problèmes de la transmission et de l'identité d'une jeune fille perdue entre deux pays.

"Maghrébins, arabes, musulmans, islamistes. Quand l'imaginaire collectif intègrera-t-il que la religion n'est pas une nationalité ?"

C'est avec beaucoup de talent que Zakia et Célia Héron évoquent tout un pan de l'histoire algérienne, indubitablement liée à celle de la France, de la guerre d'Algérie aux récents "Printemps Arabes". Les thèmes évoqués - exil, identité, transmission, racisme...- sont forts et rendent le récit particulièrement intéressant car, tout en prenant du plaisir à notre lecture, ils nous interpellent, nous font réfléchir. J'ai toujours aimé les récits qui nous apprennent des choses.
Les deux auteurs utilisent le journal comme forme de récit, ce qui le rend plus sincère, plus intime, et cela fonctionne particulièrement bien pour traiter une période qui s'étale de 1956 à 2010. J'ai parfois regretté les sauts dans le temps, les trous d'une année sans explication, mais au final, Le premier qui voit la mer est une réussite, un texte vraiment captivant.


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