vendredi 7 septembre 2012

Le retour des matchs de la rentrée littéraire par PriceMinister !


Encore une fois, PriceMinister nous offre un beau cadeau pour cette rentrée : les matchs de la rentrée littéraire ! Il s'agit pour nous blogueurs de choisir un livre parmi les douze sélectionnés, de le lire bien sûr et de le chroniquer sur notre blog.

La sélection 2012 : 

Parfums, Philippe Claudel (Stock)
Pour seul cortège, Laurent Gaudé (Actes Sud)
Barbe Bleue, Amélie Nothomb (Albin Michel)
Oh…, Philippe Djian (Gallimard)
Une place à prendre, J. K Rowling (Grasset)
Home, Toni Morrison (Christian Bourgeois)
Les affreux, Chloé Schmitt – (Albin Michel)
L’amour sans le faire, Serge Joncourt (Flammarion)
Je vais passer pour un vieux con, Philippe Delerm (Seuil)
Gains, Richard Powers (Cherche-Midi)
Un week-end en famille, François Marchand (Cherche-Midi)
Tigre tigre !, Margaux Fragaso (Flammarion)

Retrouvez tous les informations pour participer à cet événement sur le blog de PriceMinister !

J'hésite fortement entre tous ces titres alléchants... Et vous ?

lundi 3 septembre 2012

En chute libre de Carl de Souza

Jeremy Kumarsamy, joueur professionnel de badminton, est contraint d’arrêter sa passion à la suite d’une blessure qui l’handicape fortement. Il revient dans la maison de son enfance, située dans une ancienne colonie anglaise et c’est l’occasion pour lui de revenir sur son passé.  

Le début du roman est prometteur : le narrateur évoque le départ du gouvernement britannique de l’île et de tout ce que cela implique : conflits, émeutes sanglantes vus par le jeune garçon qu’est Jeremy à cette époque. La figure du père autoritaire, qui ne quittera jamais le roman, apparaît : d’abord parce qu’il est proche des Anglais et qu’il ne souhaite pas les voir partir, ensuite parce qu’il est un ancien champion de badminton dont les victoires reviendront hanter Jeremy. On a donc des éléments intéressants : un conflit historique et une relation conflictuelle avec le père.  

Malheureusement,  j’ai trouvé que Jeremy restait en dehors des événements, et ce dans tout le roman. Il est présent, il participe, mais il reste comme indifférent à ceux qui l’entourent. Notamment aux femmes qui l’aiment : Litchi pendant les émeutes, Malliga pendant son apprentissage, Heather pendant le tournoi de badminton, et bien sûr sa mère, après sa blessure. Il y a également sa tante Ivy, qui occupe une place importante dans sa vie, mais là encore, leur relation ne me semble pas assez développée – elle disparaît même une grande partie du roman – et ne tourne quasiment qu’autour du badminton.

Le badminton. Voilà la seule chose qui compte pour Jeremy ! On dirait qu’il ne vit que pour jouer. Et pourtant là encore, je suis déçue. Ses entrainements ressemblent à un calvaire, à une torture, et les matchs qu’il joue dans les tournois ne manquent pas d’humiliations. Autant dire que ce personnage m’a laissée indifférente. Je m’attendais à plus d’implication personnelle, notamment dans les événements comme le départ des Anglais ou ses relations amoureuses, et à plus de passion dans le récit des matchs. Je ne suis pas arrivée à entrer totalement dans ce récit, qui souffre également de quelques longueurs.

Ce roman fait partie de la sélection du Prix Océans.

samedi 11 août 2012

Rêves oubliés de Léonor de Récondo

Aïta, Ama et leurs trois enfants vivent heureux en Espagne jusqu'à ce que Franco arrive au pouvoir. Contraints de fuir leur pays, ils partent habiter en France avec les parents d'Ama et ses deux frères activistes. Ils doivent apprendre à vivre dans un pays qui n'est pas le leur, entre les menaces franquistes qui ne sont jamais loin et la Seconde Guerre Mondiale qui approche... Mais, être ensemble, c'est tout ce qui compte.

Rêves oubliés est un court mais intense roman sur l'exil. Chapitre par chapitre, on suit le point de vue de chaque personnage, des parents aux enfants en passant par les oncles. On suit leur déchirement à l'idée de quitter leur pays, leur adaptation à leur nouvelle vie, leurs regrets du temps d'avant, leurs souvenirs qui s'effacent, les humiliations qu'ils subissent car ils sont à jamais des étrangers... Mais, là où Léonor de Récondo a excellé, c'est que tout est raconté sans jamais tomber dans un pathos inutile : les personnages sont forts, courageux et se forcent à oublier leurs rêves, leur passé, pour vivre leur nouvelle vie sans tomber dans la tragédie. Car ce qui importe, c'est qu'ils soient ensemble et leur véritable force est leur famille.

C'est le personnage d'Ama, la mère, qui ressort brillamment du roman. En effet, entre les chapitres, s'insère son journal, écrit dans un petit carnet à partir de leur départ d'Espagne. Elle y consigne ses sentiments, ses émotions, son amour pour Aïta et ses enfants, et aussi les épreuves difficiles et terribles qu'elle subit entre l'envoi de ses frères dans un camp espagnol et la violence des Allemands. Le tout avec beaucoup de pudeur et une écriture poétique (il y a même des haïkus parsemés dans le roman) qui touche intensément le lecteur.

Rêves oubliés est un magnifique roman que j'ai dévoré du début à la fin sans pouvoir m'arrêter. Léonor de Récondo, que je ne connaissais pas, est une violoniste virtuose et Rêves oubliés est son deuxième roman. Reste plus qu'à me procurer, La Grâce du cyprès blanc, son premier roman.

Ce livre fait partie de la sélection pour le prix Océans organisé par France Ô et Babelio.