mercredi 11 juin 2014

Le Prix Océans 2014 a été désigné !

Hier, mardi 10 juin, ont eu lieu les délibérations pour le Prix Océans 2014, suivie immédiatement de la remise du Prix en présence du lauréat.

Le Prix Océans, organisé par France Ô, a la particularité de réunir un jury de douze internautes, blogueurs ou membres d'une communauté de lecteurs, en tout cas des passionnés de lecture qui ont le privilège de participer à un prix qui met en avant la francophonie, les valeurs d'échange, de dialogue et d'ouverture envers d'autres cultures. Les romans en compétition, publiés dans les douze mois précédant la sélection, étaient les suivants :

Céline Nannini, Jeune fille vue de dos aux éditions Mémoire d'Encrier
Philippe Besson, De là, on voit la mer aux éditions Julliard
Véronique Ovaldé, La grâce des brigands aux éditions L'Olivier
Louis-Philippe Dalembert, Ballade d'un amour inachevé aux éditions Mercure de France
Frédéric Ciriez, Mélo aux éditions Verticales
Hubert Haddad, Le peintre d'éventail aux éditions Zulma
Kettly Mars, Aux frontières de la soif aux éditions Mercure de France
Marie Darrieussecq, Il faut beaucoup aimer les hommes aux éditions P.O.L
Fatou Diome, Impossible de grandir aux éditions Flammarion
Edith Serotte, Les fourmis rouges aux éditions Présence Africaine
Raphaël Confiant, Le bataillon créole aux éditions Mercure de France
Karine Tuil, L'Invention de nos vies aux éditions Grasset


Chaque mois, nous recevions trois de ces romans et nous devions élire notre favori. Les livres élus qui se sont retrouvés en finale pour les délibérations ont été :

Le Peintre d'éventail d'Hubert Haddad
Impossible de grandir de Fatou Diome
Le Bataillon créole de Raphaël Confiant
Il faut beaucoup aimer les hommes de Marie Darrieussecq exæquo avec La Grâce des brigands de Véronique Ovaldé

Les délibérations se sont déroulées dans l'enceinte du restaurant L'Alcazar à Paris en compagnie des membres du jury (Sophie, Judith, Marie Anne, Nina, Gwénaëlle, Bernard, Magali et moi-même) et d'Alain Mabanckou, parrain du Prix Océans. Les quatre membres du jury (Delphine, Anne-Françoise, Sabrina et Myriam) qui n'ont pas pu être présents avaient fait parvenir leur choix à l'équipe de France Ô.

Le vote a été serré, deux tours ont été nécessaires pour départager les romans et c'est finalement Le Peintre d'éventail d'Hubert Haddad qui a été désigné comme vainqueur !


Alain Mabanckou remet le Prix Océans à Hubert Haddad
Bravo à Hubert Haddad pour son roman publié aux éditions Zulma, qui a été mon coup de cœur de la sélection 2014 du Prix, avec Le Bataillon créole de Raphaël Confiant, qui d'ailleurs était le concurrent direct du Peintre d'éventail lors des votes.

Vous pouvez lire tous les avis des membres du jury sur Le Peintre d'éventail sur le site du Prix Océans.

Je tenais à remercier France Ô et notamment Sylvie Koné et Fabien Voileau qui nous ont accompagné tout au long du prix, ainsi qu'Alain Mabanckou bien sûr. C'est un très grand privilège de faire partie du jury du Prix Océans, merci merci !

mercredi 4 juin 2014

[BD] Je suis une vraie fille de Marion Malabre et Lulu Inthesky


Je suis une vraie fille, c'est l'adaptation en bande-dessinée du blog de Marion Malabre, une styliste qui décline sa vie, ses amours, ses ex, ses galères, ses humeurs, ses copines... dans un Tumblr plein d'humour. C'est la talentueuse Lulu Inthesky qui se colle au dessin, et autant dire que l'association des deux fonctionne très bien dans le genre BD girly.

Le format de la BD est original car il reprend le principe du Tumblr : un titre, une illustration par page (ou sur deux pages) et une phrase qui l'explique et qui commence systématiquement par "Quand..." Par exemple :




Alors, qu'est-ce qu'une vraie fille ? C'est une fille qui peut parler "avec ironie des mauvaises rencontres, des galères sentimentales, des excès en tous genres, mais surtout les assumer". Oui on peut se reconnaître dans le portrait qu'offrent Marion et Lulu car on est toutes passées plus ou moins dans des moments semblables :  être célibataire pour la Saint Valentine, chanter sous la douche, vivre une histoire d'amour avec son lit, penser encore à son ex, se payer un abonnement dans une salle de sport sans jamais y aller... Et c'est avec beaucoup d'humour que les deux acolytes nous en font l'illustration.

Mon seul regret ? Que cette BD est courte, mais courte... En 15 minutes, c'est plié. Quel dommage ! On peut certes la relire, s'attarder sur les détails des dessins de Lulu Inthesky, mais bon, on finit vite par les connaître par cœur.  Le genre du tumblr réussit-il bien en BD ? Bof, je n'en suis pas convaincue.

Lu dans le cadre de Masse Critique. Merci aux éditions Jungle et à Babelio !


tous les livres sur Babelio.com

lundi 2 juin 2014

Crimes et jardins de Pablo de Santis

A Buenos Aires en 1894, le jeune Sigmundo Salvatrio fait face tout seul à sa première affaire de meurtre après la mort de son maître, le détective Craig. La victime est Isidoro Ranier, antiquaire, retrouvé dans le bassin de son jardin, une statuette de Narcisse attaché autour du ventre. Ranier faisait partie d'un groupe de philosophes des jardins qui se réunissaient régulièrement pour discuter des jardins :

"Non pas les jardins vus seulement comme des carrés de pelouse, mais comme des espaces mythiques, où les villes conservent leurs vieilles histoires. Les jardins peuvent être des bois, des déserts, des labyrinthes. Ce sont des mondes en miniature et, à travers l'étude de leur forme, nous entrons dans la région des symboles. Après tout, l'idée que nous avons du paradis est celle d'un jardin..."

Le meurtre est-il lié à cet étrange groupe réunissant un psychiatre, un antiquaire, un poète, un chasseur et un riche entrepreneur ? Pourquoi ont-ils brutalement cessé de se retrouver ? Irène, la belle mais dérangée fille de Dux Olaya, qui évoque la princesse de l'Atlantide, y a-t-elle joué un rôle ?

Ce n'est pas la première fois que Pablo de Santis écrit un roman policier avec pour personnage princical Sigmundo Salvatrio, mais comme je fais un peu les choses à l'envers, je n'ai pas encore lu Le Cercle des douze, le premier des deux. Qu'importe ! Crimes et jardins m'a beaucoup plu, et s'il y a quelques rappels du premier roman (l'histoire personnelle - et amoureuse - de Sigmundo par exemple), il peut très bien se lire tout seul.

Pablo de Santis nous emmène dans le Buenos Aires de la fin du 19e siècle, où nous suivons un jeune et sympathique détective pour sa première enquête de meurtre en solo. Et quelle enquête ! Mythologies, légendes, jardins mystérieux, folie, crimes ingénieux, et même une pointe de philosophie... Tous ces éléments nourrissent une intrigue riche en rebondissements, bien menée et développée, qui m'a passionnée jusqu'au bout ! Je n'en dirai pas plus de peur de vous gâcher la lecture, courrez-vite le lire !